Le confinement chez le chien, ce tsunami silencieux
Accueil de Bianca en 2020

Son arrivée
Le confinement de mars 2020 a été un véritable bouleversement pour nous tous. Ce tsunami silencieux a également laissé des traces, souvent insoupçonnées, chez nos animaux. Pour illustrer cela, je souhaite vous raconter l’histoire de Bianca.
Bianca est née dans un refuge à La Réunion au tout début de l’année 2020. À l’âge où elle aurait dû rejoindre une famille en métropole, le confinement s’installe. Les avions restent cloués au sol, les rapatriements sont suspendus, et ses premiers mois se résument à un enfermement dans un refuge étrangement silencieux. Les seules présences qu’elle croise sont celles du personnel, les sorties sont rares et les bruits de la vie humaine ont disparu.
La rencontre
Elle arrive finalement en métropole en juin 2020, âgée d’environ six mois. Lorsque nous la sortons de la cage, elle fait preuve d’une confiance inconditionnelle envers nous.
Ce point illustre l’importance de la première rencontre avec un chien et pourquoi il est toujours préférable que ce soit les adoptants eux-mêmes qui viennent chercher le chien plutôt qu’une tierce personne.
Le trajet en voiture se passe sans encombre. Mais à son arrivée à la maison, la rencontre avec nos autres chiens est plus délicate. Bianca, peu habituée à d’autres chiens en dehors de sa fratrie, grogne et refuse le contact. Heureusement, ces tensions s’apaisent rapidement grâce au jeu et, en quelques jours, elle tisse un lien très fort avec Vanille.
Bianca est aussi ce qu’on appelle un véritable petit pot de colle. Dès qu’on s’assoit, elle bondit sur nos genoux et refuse de nous quitter. Au fil des jours, elle gagne en indépendance, rassurée par notre présence constante.
La découverte de la maison est un véritable terrain d’aventure pour elle, avec une attirance particulière pour les points en hauteur. La découverte du canapé est mémorable : elle va le traverser de long en large en se frottant sur le dos.


Le reste du monde
Mais dans sa petite tête, le monde extérieur reste chargé de dangers. Lors des visites de potentiels adoptants, la première rencontre est difficile. Un couple de retraités essuie un accueil glacial, Bianca leur aboie dessus et fuit leur étreinte forcée pour trouver refuge auprès de mon mari. La rencontre n’est pas concluante, l’association ne donnera pas suite.
Quelques jours plus tard, un second couple se présente. Plus jeunes et surtout bienveillants, ils prennent le temps de l’apprivoiser. Malgré les aboiements initiaux, ils gagnent peu à peu sa confiance à l’aide de friandises et de douceur. La magie finit par opérer.
Il est difficile de mesurer l’ensemble des effets qu’a eus le confinement sur nos animaux. Bianca a eu la chance d’intégrer une famille attentive à son histoire et à ses besoins, ce qui reste essentiel quand on sait à quel point cette période a pu être déstabilisante, aussi bien pour nous que pour eux.