Un peu d’histoire
« Royal Bourbon », c’est le nom donné aux chiens endémiques de La Réunion.
Ce nom est hérité de l’ancien nom de l’île, alors appelée « île Bourbon ».

Le Royal Bourbon, implanté par l’homme
L’île de la Réunion a été colonisée au milieu du XVIIe siècle et lorsque les colons, esclaves, engagés et autres populations associées aux plantations sont arrivés sur l’île, les espèces domestiques ont également été introduites. La présence du chien sur l’île aurait donc quelques siècles.
Les chiens arrivant au fil des siècles sont de races diverses, ce qui a engendré un métissage accru. On nomme le chien de la Réunion le « Royal Bourbon », un nom très élogieux par rapport à la manière dont ces chiens sont traités sur l’île.
Ce sont des chiens issus de croisements variés et bien adaptés à l’environnement et au climat de La Réunion.
Utilité
Les chiens ont été amenés volontairement par les colons comme animaux domestiques. Leur utilité n’est pas très claire et plusieurs hypothèses sont émises : animaux de garde pour protéger les habitations et plantations, animaux de compagnie ou encore chiens de chasse.
Dans certains récits historiques, il est même évoqué que les chiens aient pu servir à la chasse aux esclaves fugitifs (appelés marrons). C’est un pan sombre de l’histoire de La Réunion illustré par plusieurs gravures.


Reproduction incontrôlée
Culturellement, le chien a longtemps été considéré comme un outil plus qu’un membre de la famille. Le chien est livré à lui-même, souvent divagant (c’est-à-dire qu’il se balade librement alors qu’il a un propriétaire) et rarement identifié ou stérilisé.
En parallèle, il y a également de nombreux chiens errants (ceux qui n’ont pas de propriétaires).
Toutes ces conditions réunies font de la reproduction canine un sujet explosif : des femelles errantes et gestantes, des portées non désirées dont les propriétaires se débarrassent sur le bord d’une route ou au fond d’une ravine.
En 2018, on estimait la population canine dans l’espace public à 73 000 chiens, soit 42 000 chiens errants et 31 000 chiens divagants. En 2020, ce sont environ 10 000 chiens qui ont été euthanasiés suite à leur placement en fourrière. Ce chiffre représente 20% des euthanasies nationales.
Ce sont des chiffres affolants qui traduisent bien le caractère incontrôlable de la situation.
